Plouguerneau d’hier et d’aujourd’hui

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Saint Goulven

jeudi 22 septembre 2011, par dominique

SAINT GOULVEN
Evêque du Léon



Tad hon eneou, Aotrou Sant Goulihan,
War ho kenvroïz, skuilhit frank ho pennozh ;
Grit hor buhez dibec’h, sioul hor zremenven,
Ma tanvimp ganeoc’h dudi ar Baradoz.

Père de nos âmes, Monsieur Saint Goulven,
Sur vos compatriotes versez largement vos grâces ;
Faites notre vie sans péché, tranquille notre trépas ;
Que nous goûtions avec vous la joie du Paradis !

En l’an 540, pour fuir l’invasion saxonne, un nommé Glaudan, accompagné de sa femme enceinte Gloaguen, traversa la Manche venant de la côte anglaise. Leur barque, séparée par un coup de vent de la flottille dont elle faisait partie, vint s’échouer au fond d’une anse bordant le territoire de Plouider. Tout le rivage est alors couvert d’une épaisse forêt et le pays est pratiquement désert. L’accueil des riverains est très froid. Glaudan n’a même pas d’eau pour laver son fils qui vient de naître. Il s’égare en cherchant le chemin d’un ruisseau et revient désespéré auprès de son épouse. Mais à la fin de la journée, sa prière au Seigneur est exaucée et une source jaillit à ses côtés.



Un voisin compatissant , Gouzian, s’occupe enfin de ces réfugiés et devient le parrain de l’enfant auquel est donné le prénom de Goulven. Gouzian prend à sa charge l’éducation et l’instruction de ce dernier. Quand Goulven atteint l’âge de 10 ans, il le place dans une école monastique toute proche, ouverte depuis peu par le moine St Hervé, à Lanhouarneau.

A la fin de ses études, Goulven décide de mener une vie monastique et il se met à catéchiser la population. Il dresse, tout près de la côte, une petite cabane, un peniti, et bientôt , de tous les environs , on vient lui demander conseils et secours tant spirituels que matériels.
Il passait des journées entières dans la prière et la contemplation, menant une vie très austère. Pour délimiter son terrain, il avait planté trois croix en triangle, la croix de Prat ar Ven, la croix du Draon et la croix de Gouevern. Un saint homme du nom de Maden vint vivre avec lui et tous deux s’attachèrent à déboiser et à cultiver le terrain autour de leur maison. Ils furent imiter bientôt par d’autres habitants de la région qui s’installèrent dans leur voisinage et mirent en valeur leurs terrains.

Goulven avait cependant peu de relations suivies avec ses voisins immédiats, sauf avec un certain Le Joncour de Plounéour. Un jour il demanda à Maden de se rendre chez cet ami et de lui transmettre ce message :" Pour montrer ton amitié, envoie moi en don ce que tu auras sous la main quand arrivera mon serviteur". Il conseilla ensuite à Maden de prendre le don et de revenir sans le regarder jusqu’à son arrivée à la maison. Maden trouva Le Joncour en train de labourer un champ avec sa charrue et lui transmit la demande de Goulven. Très étonné , Le Joncour, n’ayant rien d’autre sous la main, prit trois poignées de terre et les jeta dans le sac de Maden en lui disant de les envoyer à son maître. Maden reprit le chemin en courant mais bientôt il fut obligé de ralentir car son sac devenait de plus en plus lourd. A son retour, il regarda alors ce qu’il portait et s’aperçut que les trois poignées de terre étaient changées en lingots d’or ! Goulven devait faire de cet or des croix et des cloches.

A cette époque , des pirates venus du Nord faisaient souvent des incursions sur les côtes bretonnes. Ils arrivèrent un jour sur la côte du Léon. Le chef du village voisin, Even, vint avant la bataille demander à Goulven de prier pour lui . Il rassembla ensuite ses soldats, arma les paysans et réussit à prendre l’ennemi à revers, lui coupant la route du rivage. La plupart des pillards furent tués. Even, venu annoncer la victoire à Goulven, le trouva en prière, les bras en croix : comme Moïse, il n’avait cessé de prier pour le succès de la troupe d’Even. En récompense, il demanda simplement qu’un monastère soit construit dans le voisinage. C’est ce monastère qui semble avoir été à l’origine du village de Goulven.

La réputation de sainteté de Goulven s’étend bientôt à tout le pays et on lui attribue de nombreux miracles. L’évêque du Léon meurt en 594. Le clergé et le peuple du Léon choisissent alors Goulven comme évêque. Goulven, peu désireux d’occuper cette charge, quitte son ermitage pour se rendre à Rome, pensant que durant son absence on élirait un autre évêque. Mais les Léonards envoient de leur côté une délégation auprès du Pape pour lui expliquer les raisons de leur choix. Goulven doit s’incliner et il est sacré évêque du Léon par le Pape lui-même .

Il assura sa charge épiscopale jusqu’en 608. Puis fatigué et désireux de retrouver la solitude, il démissionna et quitta Goulven avec Maden, son ami de toujours. On retrouve leurs traces à St-Gelven( dans les Côtes d’Armor, près de Mur de Bretagne), à Taupont( dans le Morbihan, près de Ploermel) et finalement à St-Didier, non loin de Châteaubourg, en Ile-et-Vilaine. C’est là qu’il mourut le 1er juillet 616.

Ses reliques furent transportées à Rennes mais son souvenir est resté vivace dans le Léon. De nombreux miracles lui ont été attribués après sa mort. De nombreux vitraux, chapelles et fontaines lui sont consacrées.

Saint Goulven est le patron des églises de Goulven et de Goulien. Six chapelles lui ont été dédiées dans le Léon dont une à Plouguerneau( située au lieu-dit Kerilly et aujourd’hui en ruines). Dans la collection des petits saints de Plouguerneau, il est représenté en tenue épiscopale sans attribut particulier.


Texte de Noël L’Hour