Plouguerneau d’hier et d’aujourd’hui

Accueil > Histoire 18e et 19e siècle > Analyse - Population > Plouguerneau vue dans les années 1880

Plouguerneau vue dans les années 1880

mercredi 15 janvier 2014, par René Abjean

[bleu]PLOUGUERNEAU vue dans les années 1880
(Extrait de l’annuaire du Finistère des années 1885 et 1886)[/bleu]


5 kilomètres de Lannilis. – 27 kilomètres de Brest. – Superficie : 4.344 hectares. – Population : 5852 habitants. – 1.173 maisons. – 1.235 ménages.

Syndicat maritime. – Bureau des postes et des télégraphes. – Bureau de bienfaisance.

Cette grande et riche commune, située sur la rive droite de l’Aberwrach, qui la délimite au sud, borde dans sa partie nord, le littoral de la Manche.

Elle est traversée par les chemins de grande communication n° 13, 27 et 32.

Le bourg, très important (782 habitants) possède une école publique de garçons et une école publique de filles. Il a également des écoles de hameau dans les sections du Grouanec et de l’Armorique.

Il y a foire à Plouguerneau le troisième jeudi de chaque mois.



L’église paroissiale, sous le patronage des saints Pierre et Paul, est une cure de 1ère classe. Reconstruite dans ces derniers temps, à l’exception de la tour, qui date de 1701, elle enferme le tombeau de Mgr de Poulpiquet, évêque de Quimper, décédé en 1840.

La fête patronale a lieu le dernier dimanche de juillet. Il y a pardon à la chapelle de Tremenach, le second dimanche d’août ; à la chapelle du Grouanec, le 15 août ; à la chapelle de Saint-Cava, le dernier dimanche d’août et à la chapelle de Saint-Michel, le dernier dimanche de septembre.

La chapelle du Grouanec, dédiée à Notre-Dame, date de 1503. On y voit des peintures sur verre d’une grande fraîcheur et des corniches fort curieuses sur lesquelles on a fait la satire de l’ivrognerie.



On comptait autrefois dans cette commune onze chapelles qui sont aujourd’hui en partie ruinées.

La commune de Plouguerneau, bien que maritime, ne possède point de port proprement dit, mais on trouve sur son littoral quelques criques ou petites baies, qui servent d’abri à de nombreux bateaux de pêche. Les deux plus importantes sont le Port-Malo et le Corréjou. C’est au Corréjou que Jean de Montfort, après son évasion de la tour du Louvre, en 1345, s’embarqua pour l’Angleterre. L’anse du Corréjou, accessible aux navires de 300 tonneaux, est précédée d’une rade très sûre, qui peut recevoir environ 70 bâtiments de toute grandeur.

De nombreux îlots sont répandus sur le littoral de la commune. Le plus connu est celui qui porte le nom de l’île Vierge, ancien sanctuaire druidique, qui devint plus tard le séjour de pieux cénobites ; il est situé à l’entrée de la Manche et on y a construit un phare de 33 mètres de hauteur et d’une portée de 11 milles.



D’après la tradition une grande ville aurait existé autrefois à l’embouchure et sur la rive droite de l’Aberwrach, à l’opposite du fort Cézon. Quelques archéologues, s’autorisant d’une certaine similitude de nom, ont cru devoir y placer le Gesocribate des Anciens, bien qu’il soit impossible de trouver entre Carhaix et la pointe de Plouguerneau la distance de 45 lieues gauloises qui, d’après la Table Théodosienne, séparait Vorgium de Gesocribate. Toutefois il est certain que la voix romaine partant de Nantes, en passant par Vannes et Carhaix, avait son point terminus dans la commune de Plouguerneau où devait exister dès lors un établissement de quelque importance.

On voyait autrefois dans cette commune un assez grand nombre de monuments celtiques qui ont été détruits. On ne peut guère citer aujourd’hui qu’un menhir de 4 mètres de hauteur, près du village de Guéléran.




[rouge]René Abjean - Janvier 2014[/rouge]

Messages