Vie et mort du paysan Léonard

mardi 6 décembre 2011
par  Jean-Pierre
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Avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Vie et mort d’un paysan Léonard
dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.


Jean-Pierre Hirrien






INTRODUCTION GENERALE


L’étude de la population Plouguernéenne dans la seconde moitié du XVIIIè siècle est le résultat d’une double passion : l’une est vouée à l’histoire et en particulier à la période précédant la Révolution, l’autre au pays Pagan dont la beauté sauvage, la richesse culturelle font que l’on s’y sent bien.
Le travail effectué correspond aux paroisses de Plouguerneau et de Tréménac’h. Au-delà du dépouillement des registres paroissiaux et des renseignements comptables qu’ils nous livrent, il nous a semblé judicieux de les interpréter pour mieux suivre les comportements démographiques des paysans léonards à la fin de l’Ancien Régime. La tâche à accomplir fut longue et parfois fastidieuse. Plus de 12000 actes de baptêmes, mariages, sépultures, les B.M.S , ont été consultés. Mais au bout du compte on découvre le paroissien dans sa vie de tous les jours. Trois étapes permettent de mieux l’appréhender : celle du mariage qui engendre au sein de la cellule familiale le temps des naissances. A ces deux moments de joie succède une épreuve bien plus redoutable : celle de la mort, sournoise et omniprésente.
La première, comme de nos jours, est basée sur l’amour, mais attention l’emprise du milieu social et familial se révèle tout aussi déterminante dans le choix du conjoint. Ne se marie pas qui veut avec qui il veut. La sélection de l’heureux(se) élu(e) opérée, les formalités officielles s’effectuent, dans le cadre de la paroisse, sous la surveillance du clergé. Car dans une société rigide rien n’est laissé au hasard. Ceci se vérifie encore davantage lorsque l’on examine le processus, ponctué de rites originaux, qui amène le paysan léonard à l’église. Le jour du mariage les fiancés, dont le profil mérite une analyse particulière, se présentent devant le célébrant pour une cérémonie religieuse où se conjuguent gravité du moment et atmosphère bon enfant.
Le couple ainsi constitué est une entité économique autonome ou rattachée à d’autres cellules familiales mais partout sa finalité principale est la procréation. A ce titre quels sont les comportements des Plouguernéens dans leur approche dimensionnelle de la famille ? A quels moments conçoivent-ils leurs enfants et selon quels impératifs ? S’écartent-ils du cadre du mariage pour basculer dans l’illégitimité ? Voilà autant de questions auxquelles il convient de répondre.
La troisième étape est bien plus macabre. Si aujourd’hui on considère trop souvent la mort comme injuste, si le monde des vivants tente de l’exorciser par des artifices qui glorifient la personne décédée, il en va différemment sous l’Ancien Régime. Pourquoi ? La mort est un spectacle ordinaire dont les racines s’insèrent dans une multitude de causes spécifiques au XVIIIè siècle. A cette mortalité du quotidien s’ajoutent périodiquement, et peut-être encore plus qu’aux siècles passés, de violentes crises épidémiques qui taillent de véritables coupes sombres dans les effectifs paroissiaux de Plouguerneau et de sa petite voisine de Tréménac’h.
Dés lors le Plouguernéen se trouve confronté à des taux de mortalité, pour nous, d’un autre temps, à des cataclysmes attaquant régulièrement l’ensemble de la communauté paysanne. Comme il se doit toutes les catégories d’âges s’exposent à être happées par l’Ankou, mais pourtant celui-ci se montre encore plus impitoyable envers les plus jeunes et les plus démunis et sélectionne malicieusement les saisons de son œuvre néfaste. Enfin face à la banalité du phénomène mortifère, il est apparu souhaitable d’analyser les réactions des paroissiens, meurtris dans leurs chairs et désireux de contrecarrer, dans la mesure du possible, la maladie et la misère humaine.
Ce travail d’investigation se veut une contribution à l’histoire démographique et sociale du Léon au XVIIIè siècle. En effet quelques étudiants rédigèrent, dans les années 1970, leur mémoire de maîtrise sur le même thème, emboîtant le pas à Roger Leprohon avec sa thèse « Vie et mort des Bretons sous Louis XIV ». Nous mêmes avons repris le flambeau afin de compléter modestement, à notre niveau, une étude qui permet de mieux cerner la vie sociale, familiale et parfois quotidienne du paysan léonard. Elle est évidemment dédiée à tous les Plouguernéens et plus simplement à tous les amoureux de l’Histoire.

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