Saint Yves

dimanche 17 juillet 2011
par  dominique
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SAINT YVES
L’avocat des pauvres



"Nann, n’eus ket e Breiz, nann, n’eus ket unan,
Nann, n’eus ket eur Zant evel sant Erwan".

Dieu de qui vient ce qui est juste et bon,
Tu as établi saint Yves comme juge parmi ses frères
Et tu as fait de lui un grand ami des pauvres.
Accorde-nous de rechercher passionnément la justice
Et de communier à ton amour pour les hommes.

Le 12 mars 1924, à la requête des évêques de Bretagne, Saint Yves a été proclamé patron de la Bretagne par le Pape Pie XI.
Yves, prénom très populaire chez nous, avait déjà été porté au 7° siècle par un ermite. Il en existe en breton quelques 34 variantes, notamment Yeun, Yun, Cheun, Eon, Noun, Eozen, Euzen, Erwan, Urvoan.


Yves Hélory de Kermartin est né le 17 octobre 1253 au Minihy, prés de Tréguier, dans les Côtes d’Armor. Son père, Hélory, était de petite noblesse. Sa mère, Azou( Aude) de Quenquis, dont la famille résidait non loin du manoir de Kermartin, aimait à répéter qu’elle avait eu en songe la révélation que son fils serait un saint. Le couple a eu trois filles et deux garçons.
Très tôt, Yves montre une grande piété. Il a pour précepteur un clerc de la paroisse de Pleubihan, Jean de Khéros, qui sera d’ailleurs en 1330 le premier témoin de l’enquête de canonisation de son élève.
Quand Yves atteint l’âge de 14 ans, Jean de Khéros avoue qu’il est incapable de rien lui apprendre de plus. Ses parents décident donc de l’envoyer poursuivre ses études à Paris. Jean de Khéros part avec lui et assiste à sa réussite universitaire en même temps qu’à l’affirmation de sa grande piété et de sa bonté. Durant toutes ses études, Yves vit dans des conditions austères, multipliant les privations, mettant par exemple de côté la viande de ses repas pour la donner aux pauvres. Chaque jour, il fréquente les églises de St-Julien-le-Pauvre et de St-Séverin. Après la dialectique, il aborde la théologie que professe à Paris Saint Bonaventure. A l’issue de 10 années d’études, il se rend à Orléans pour apprendre la jurisprudences. Il vit de plus en plus dans la mortification.
A 27 ans,nous sommes alors en 1280, il a obtenu tous ses diplômes. L’archidiacre de Rennes, Maurice, qui a remarqué ses talents tant spirituels qu’intellectuels, lui propose la charge d’official , c’est à dire de juge ecclésiastique. A cette époque, la plupart des causes autres que criminelles ressortissaient aux juges ecclésiastiques. Yves donne aux pauvre le tiers de ses droits de chancellerie. Aux grandes fêtes, lorsque l’archidiacre est absent, il appelle les plus démunis à sa table, les sert lui-même, se contentant de pain bis et de légumes. Il recueille deux orphelins, Derrien Guyomar, qui sera plus tard dominicain, et Olivier Floch qui deviendra gardien de la cathédrale de Tréguier et veillera sur le tombeau du saint durant l’enquête de canonisation.

Quatre ans plus tard, l’évêque de Tréguier, Alain de Bruc, appelle Yves auprès de lui. Pour le remercier des services rendus, l’archidiacre de Rennes lui offre alors un cheval pour gagner Tréguier. A peine sorti de Rennes, Yves vend l’animal et en distribue le prix aux pauvres. Il gagne Tréguier à pieds. Son évêque lui confie l’officialité du diocèse et y ajoute une charge qui comporte la prêtrise : il le nomme recteur de Trédez, prés de Lannion. Yves reçoit le sacerdoce avec crainte et respect.
C’est cependant par son travail d’official que Yves se fait connaître. Veuves, orphelins, indigents constituent sa clientèle préférée. Il défend toujours le droit contre les puissances du temps.

Ses fonctions font de lui un juge mais, en même temps, on le dit avocat des pauvres. Il s’efforce d’amener les plaignants à trouver un accord amiable. Souvent il dit aux partis adverses « Disons d’abord la messe du St-Esprit ». Il s’efforce aussi de ne pas laisser les procès traîner en longueur et , en toutes circonstances, met en avant l’esprit de charité et d’équité, défendant le pauvre sans moyens face au riche qui peut faire jouer tous les ressorts de la procédure. Mais il sait se montrer impitoyable devant la mauvaise foi et l’affaire de la bougette est bien connue : deux marchands sans scrupules confient à une brave dame une gibecière en cuir( une bougette) contenant soit-disant 1.200 écus d’or. Elle ne doit la restituer qu’aux deux hommes présents ensemble. Quelques jours plus tard, l’un des 2 compères vient réclamer la bougette que la dame lui rend sans méfiance. Le soir même le complice arrive pour la réclamer à son tour et porte plainte pour vol. Yves réussit à mettre en évidence la combine des deux hommes et obtient leur pendaison. L’histoire où l’on voit Yves faire tinter une pièce de monnaie à l’oreille d’un restaurateur qui réclamait de l’argent à un malheureux venu simplement humer l’odeur d’un rôti est sans doute apocryphe mais trés révélatrice de la réputation de ce juge.

Lorsque ses parents meurent, il transforme le manoir de Kermartin en asile « pour tous les malheureux qui y seront reçus pour l’amour de Dieu ». Déjà, à cette époque, on dit qu’il accomplit des miracles.

En 1292, son évêque le nomme recteur de Louannec, sur la baie de Perros, une paroisse beaucoup plus importante que Trédez mais plus difficile car il lui faudra la travailler en profondeur pour susciter des conversions. Yves donne l’exemple de la prière et du dénuement. Sa bonté conquiert rapidement les cœurs et les âmes. Il prêche la Bonne Parole partout où il peut, jusqu’à 7 fois fois par jour, dans les églises, les cimetières, sur les routes, en breton, en français et même en latin dans les réunions capitulaires à Tréguier. Et partout le peuple vient écouter le saint prêtre, « ar beleg santel ».

En 1293, il construit une petite chapelle prés du manoir de Kermartin. Et en 1298, sentant ses forces décliner, il abandonne sa charge d’official pour s’adonner à la contemplation et à la mortification.
En 1302, il effectue un pèlerinage à Locronan mais doit s’aliter. Quelques mois plus tard, le 15 mai 1303, il se lève pour célébrer sa dernière messe et il meurt en souriant le 19 mai.

Le jour de sa mort, son corps a été porté dans la cathédrale de Tréguier, au milieu de tout le peuple trégorrois. Lorsque, dans la cathédrale, on ôta les haillons qui recouvraient sa dépouille, les fidèles s’en emparèrent, convaincus qu’il s’agissait là des reliques d’un saint.

Déjà de son vivant, le rayonnement de St Yves était extraordinaire. Il le fut bien plus après sa mort. Quelques jours plus tard, en effet, les miracles se multiplièrent sur son tombeau.

Le procès pour sa canonisation fut ouvert le 20 février 1330 à la demande de Jean III, duc de Bretagne. Le dossier établi à cette occasion fait état de nombreux miracles en tous genres.
Saint Yves a été canonisé le 19 mai 1347 par le pape Clément VI. Le 29 mai de la même année, le corps de St-Yves fut levé. La tête trouva sa place dans le reliquaire au trésor de la cathédrale de Tréguier et le reste des reliques fut enseveli dans un sépulcre au dessus duquel, en 1421, le duc Jean V éleva un magnifique monument, détruit en 1793 et remplacé en 1800.
En 1418 la chapelle de Kermartin fut surmontée d’une flèche. Cette chapelle est devenue l’église paroissiale de Minihy-Tréguier.

Le plus souvent représenté entre le riche et le pauvre, Saint Yves est devenu le patron de tous les gens de justice et de leurs confréries. Comme l’a écrit A. Masseron « l’histoire de St-Yves, c’est d’abord l’histoire de son héroïsme dans la pratique de toutes les vertus chrétiennes, ce qui lui valut, dans un délai relativement court, la gloire des autels » et on peut ajouter : avant cette gloire, la vénération de tout un peuple.
Ce saint breton disait souvent : « Seigneur, créez en moi un cœur net et pur ».

Dans la collection des Petits Saints de Plouguerneau, il est représenté en tenue de juge, tenant de la main gauche un petit sac qui pourrait rappeler l’affaire de la bougette. Une autre interprétation veut qu’il s’agisse simplement de la sacoche où sont rangées les pièces du dossier à instruire.


Texte de Noël L’Hour




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