L’ouvrage d’André Nicolas, intitulé « Plouguerneau, échos et histoires de guerre 1939-1946 », offre une immersion poignante dans le quotidien des habitants de notre commune durant l’Occupation. Ce document de 145 pages est le fruit d’un travail minutieux de mémoire, mêlant archives administratives et récits de vie.
Ce long récit historique débute par la mobilisation de 1939, marquant le départ précipité des hommes en plein travail agricole. Il traverse les années sombres de l’Occupation, de l’arrivée des troupes allemandes qui installèrent leur drapeau devant le calvaire de l’église, jusqu’aux combats de la Libération en août 1944.
L’auteur y documente avec précision les réquisitions, le Service du Travail Obligatoire (STO), mais aussi les actes de résistance et les drames humains qui ont marqué la paroisse.
Le document est émaillé d’anecdotes qui illustrent la complexité de cette période :
Musique et oppression : Pierre Kérébel, musicien talentueux, fut un jour apostrophé par des officiers allemands à la sortie de la messe. Lui reprochant de jouer du Mendelssohn, un compositeur juif, l’un des officiers brisa son violon à terre.
La résistance de l’hôtel Le Brun : En février 1941, des soldats tentèrent de réquisitionner sans ordre officiel le piano Pleyel de Denise Guillarmou. Face à l’escalier trop étroit et à la résistance du personnel de l’hôtel (aidé par une intervention du maire), les soldats durent abandonner l’instrument, qui resta sur place durant toute la guerre.
Le surnom « Ramasse » : Jean Kérébel, épicier de la Grand-Rue, fut surnommé ainsi car il lançait invariablement ce mot dès qu’un soldat allemand approchait de son magasin, signalant à son entourage qu’il fallait faire disparaître prestement les marchandises les plus précieuses.
Plongez dans l’histoire de Plouguerneau durant la Seconde Guerre mondiale à travers le document d’André Nicolas, c’est redécouvrir l’histoire de notre terroir à travers les yeux de ceux qui l’ont vécue. Plus qu’une chronologie, c’est un recueil de vies, de drames et de solidarité au cœur du Léon.
Au travers de cet ouvrage André Nicolas redonne une voix à ceux qui ont traversé ces années sombres. En recueillant ces « échos et histoires », il permet aux générations actuelles de ne pas oublier les sacrifices et le courage des anciens de Plouguerneau.
