Sainte Marguerite

SAINTE MARGUERITE
Vierge et Martyre

« Doue en deus chadennet mat an droug-spered. Kaër en devezo yudal, ne c’hello biken ober droug d’eomp ma ne dostaomp ket re outan ».
Dieu choisit dans le monde ce qui est faible pour confondre ce qui est fort (St Paul).
Le calendrier romain compte plusieurs saintes ou bienheureuses, portant le prénom de Marguerite .
– Marguerite Marie ALACOQUE
religieuse visitandine
– Marguerite d’Ecosse
– Marguerite de Hongrie
– Marguerite de Cortone.

Mais la Sainte dont la figurine se trouve parmi les 33 petits Saints de Plouguerneau est représentée dominant un affreux dragon (eun aerouant euzhus).

Il s’agit de Sainte Marguerite, vierge et martyre, née et morte à Antioche de Pisidie, en Asie Mineure, vers l’an 250 après Jésus-Christ.
Le peintre RAPHAEL a consacré à cette Sainte deux tableaux de grande finesse dont celui qui est au Musée du Louvre et qui la représente également, dominant le dragon qui est venu la tenter.

Sainte Marguerite, que les Grecs appellent Marine, et qui avait perdu sa mère peu de temps après sa naissance fut confiée par son père aux soins d’une nourrice qui l’éleva dans les principes de la religion chrétienne et la fit baptiser. Mais son père, grand prêtre de JUPITER, jouissant d’une forte influence dans la province, avait manifesté, à plusieurs reprises, sa haine à l’égard des chrétiens.

Le jour où, en raison de son âge, Marguerite revint habiter chez son père, ce dernier qui pourtant l’aimait tendrement l’adjura de renoncer à son baptême. Mais la jeune fille, qui avait décidé de se consacrer à JESUS, demeura inébranlable, malgré les supplications et les menaces. Elle fut chassée alors de la maison paternelle et se réfugia à la campagne, chez sa nourrice. Avec d’autres jeunes filles de son âge, elle gardait le troupeau de brebis de sa protectrice.

A cette époque, parut un édit de l’Empereur romain DECE, ordonnant de rechercher les Chrétiens et de mettre à mort ceux d’entre eux qui refuseraient d’adorer les dieux de l ‘Etat.
Le Préfet OLYBRIUS, (c’est un nom qui ne s’invente pas), fut chargé de l’exécution de ce décret en Asie Mineure. C’était un homme féroce et sanguinaire.

Alors qu’il se rendait à Antioche avec une nombreuse escorte, il rencontra par hasard Marguerite qui faisait paître ses brebis. Frappé par sa beauté, il ordonna à ses soldats de lui amener la jeune fille qu’ il souhaitait épouser, si elle était de condition libre, ou racheter si elle était esclave. Marguerite, malgré ses craintes, déclara au Préfet qu’elle était libre et qu’elle ne connaissait d’autre maître que Jésus-Christ.
OLYBRIUS, résolu à faire céder la jeune fille, la fit enfermer dans un cachot obscur et la priva de nourriture. Marguerite consacra ses journées et une partie de ses nuits à prier le Seigneur, soutenue en cela par la visite des anges.

OLYBRIUS ordonna alors que Marguerite soit conduite sur la place d’ Antioche pour être interrogée devant la population. Il lui demanda de choisir entre la vie et la mort, entre la joie et les tourments. Marguerite lui répondit qu’il pouvait la torturer et la mettre à mort, mais qu’il ne pourrait jamais la séparer de l’amour du Christ.

Furieux, OLYBRIUS, la fit torturer longuement, provoquant la compassion de la foule. Suspendue par la tête, elle fut d’abord fouettée jusqu’au sang, puis le bourreau lui déchira les flancs avec des ongles de fer. Marguerite regardait couler son sang et bénissait le Seigneur des souffrances qu’elle endurait en son nom. Elle fut enfermée à nouveau dans un cachot. C’est alors qu’elle fut tentée par SATAN qui avait pris l’apparence d’un dragon répugnant et dégageant une épaisse fumée. Marguerite appela à son secours le Seigneur et fit ensuite le signe de la croix.

Le dragon se retira, sans lui faire de mal. Le lendemain, le préfet ordonna de lui brûler le corps avec des torches en flammées, puis devant son courage inébranlable, de la plonger, pieds et mains liés, dans une grande chaudière d’eau bouillante.

Marguerite implora le Seigneur de l’aider et de libérer ses mains, pour prouver sa toute puissance et pour inciter le Peuple à croire en Lui. Elle sortit indemne de la chaudière et une colombe, dit-on, se posa sur sa tête.

Devant ces prodiges, de nombreux païens se convertirent aussitôt, qui furent mis à mort, sur ordre du préfet.
Marguerite fut alors conduite hors de la ville et elle eut la tête tranchée, non sans avoir auparavant demandé au Seigneur d’exaucer les prières de ceux qui imploreraient son soutien et, par son intercession, invoqueraient son Saint Nom. – Marguerite est morte le 20 juillet. On érigea plus tard sur sa tombe une Basilique portant son nom. C’est au temps des croisades que son culte se répandit d’Orient en Occident vers le XIème siècle. – Une statue de la Sainte se trouve aussi, dans la Chapelle St Claude à Keroudern.

Texte de Noël L’Hour