Saint Paul

SAINT PAUL

L’Apôtre des gentils

« Quand je parlerai les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas l’amour,
je ne suis que bronze qui sonne ou cymbale qui retentit.
Quand j’aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science,
quand j’aurais toute la foi jusqu’à déplacer des montagnes,
si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien.
Quand je distribuerais tous mes biens, quand je livrerais mon corps aux flammes,
si je n’ai pas l’amour, cela ne me sert de rien »
(Lettre aux Corinthiens)

Ce n’est certes ni l’amour ni la charité qui était dans le coeur de Saül quand, en cette année 31, il assistait, en l’approuvant, à la lapidation de Saint Etienne.

Ce n’était pas l’amour mais la haine qui l’animait quand il est allé ensuite solliciter, et obtenir, du Sanhédrin l’autorisation de pourchasser les chrétiens dans toute la Syrie.
Saül est né en l’année 7 à Tarse en Cilicie (la Turquie actuelle) dans une famille juive trés aisée qui avait acquis la citoyenneté de l’occupant romain. Il avait été envoyé à 13 ans à Jérusalem pour suivre ses études. Il avait eu pour maître le célèbre rabbin Gamaliel, docteur de la loi respecté par tous. Au fil des ans, Saül était devenu un jeune homme orgueilleux, plein de morgue, qui méprisait le pauvre peuple et se présentait lui-même comme un pharisien fervent.
La mission du Sanhédrin, Saul la remplit avec zèle et même férocité, emprisonnant et dépouillant les chrétiens. Les rescapés s’enfuirent alors vers Damas pour échapper à la persécution. Saül décida de les poursuivre et partit pour Damas avec une forte escorte. C’est alors qu’intervint l’évènement qui devait décider de son sort et, dans une certaine mesure, de l’avenir même de l’Eglise de Jésus-Christ.
Alors qu’il se trouvait aux portes de Damas, une lumière venant du ciel resplendit autour de lui. Tombant à terre , il entendit une voix qui lui disait :  » Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu ?  » Saül effrayé dit alors  » Qui es-tu Seigneur ?  » et
la voix répondit    : « Je suis Jésus que tu persécutes. Mais relève-toi et entre dans la ville. On te dira ce que tu dois faire ».
Saül se releva , aveugle, et il resta trois jours sans voir . Recueilli par des chrétiens de Damas, il fut baptisé par un disciple du nom d’Ananie.

Il passa quelques jours à Damas, proclamant dans les synagogues que Jésus est le fils de Dieu. Menacé de mort par les juifs de la ville, il s’enfuit dans des conditions rocambolesques que lui-même a décrites: »c’est par une fenêtre, dans un panier, qu’on me laissa glisser le long de la muraille! »
De retour à Jérusalem, où il rencontra Pierre, Saül continua à affirmer la divinité de Jésus, s’attirant la haine de beaucoup de juifs. Les apôtres, ayant appris qu’il était menacé de mort, le firent descendre à Césarée puis l’envoyèrent à Tarse. Cependant, comme l’a écrit St Luc,  l’Eglise « se bâtissait et marchait dans la crainte du Seigneur et, par la consolation du Saint Esprit, elle se multipliait ».
Plus tard, Barnabé vint rechercher Paul à Tarse et le conduisit à Antioche où ils furent hébergés une année toute entière dans l’église locale. Luc précise que c’est à Antioche que pour la première fois, on donna aux disciples de Jésus le nom de Chrétiens. C’est à Antioche également que Paul et Barnabé furent désignés   » pour l’oeuvre à laquelle le Seigneur les a appelés  » et c’est d’Antioche qu’ils partirent tous deux, en l’an 46 ou 47, pour leur première mission chez les gentils (les païens).
Cette 1ère mission les conduisit dans l’île de Chypre, puis à Lystres et enfin à Antioche d’Asie. A Chypre, Paul convertit le gouverneur romain et lui-même changea son nom en Paul.
Paul devait accomplir deux autres missions pour évangéliser le pourtour de la Méditerranée. Auparavant, il aura réussi à régler à Jérusalem, en l’an 47, avec Pierre, le grave problème des païens convertis auxquels certains voulaient imposer les prescriptions de la religion juive, notamment la circoncision. Paul qui croyait fermement à la signification universelle de la mort de Jésus sur la croix et qui avait la vision d’une communauté nouvelle centrée sur l’Eucharistie,voyait à juste titre un grave danger pour la nouvelle église dans cette volonté de certains chrétiens d’origine juive. Il obtint finalement gain de cause, aprés avoir convaincu Pierre de la justesse de son point de vue.

La seconde mission de Paul, en compagnie de Timothée et de Silas, se déroula de 49 à 52 en Macédoine, dans le Péloponèse, à Athènes et à Corinthe.
La troisième, entre 53 et 57, vit Paul, accompagné de Luc, se rendre à Ephèse, à Troas puis en Macédoine. Il envisageait de faire une tournée en Occident( Italie et Espagne) mais auparavant , il revint à Jérusalem porter le fruit d’une collecte.
Il fut arrêté dans la ville sainte à la demande des juifs et conduit à Césarée devant le Procurateur Félix. Ce dernier le garda prisonnier durant 2 années. Son successeur allait le faire reconduire à Jérusalem mais Paul, citoyen romain, en appela alors à César.
Il arriva à Rome en 60, aprés un naufrage sur les côtes de l’île de Malte. Dans la ville impériale, bénéficiant d’un statut particulier en raison de sa citoyenneté romaine, il put prêcher et écrire aussi quelques unes de ses plus belles épîtres.
En l’an 66, il fut de nouveau jeté en prison par l’empereur Néron. La tradition veut qu’il ait été décapité l’année suivante sur le chemin d’Ostie.

Missionnaire par tempérament et par vocation, Paul était un prédicateur infatigable. Intelligent, ferme et lucide, il était également trés courageux et il s’est révélé partout comme un véritable meneur d’hommes. Pour assurer l’indépendance de son ministère, il n’hésita pas à s’astreindre à un travail manuel.

Au cours de ses différentes missions, il courut de nombreux dangers car il était pourchassé par les juifs et même par des judéo-chrétiens. Il raconte lui-même dans une lettre aux Corinthiens:  » 5 fois, j’ai reçu des juifs les 40 coups moins un; 3 fois , j’ai été battu de verges; une fois, j’ai été lapidé; 3 fois, j’ai fait naufrage. Il m’est arrivé de passer un jour et une nuit dans l’abîme « , et il énumère plus loin toutes les épreuves qu’il a affrontées: » dangers des rivières, dangers des brigands, dangers des nations, dangers de ceux de ma race, dangers à la ville, dangers au désert, dangers en mer, dangers parmi les faux-frères, faim, soif « .

Tous ces obstacles n’ont pas empêché Paul de fonder prés d’une trentaine de communautés sur le pourtour de la Méditerranée orientale, de préférence d’ailleurs dans les grands centres urbains.
Paul a joué un rôle décisif dans le long processus par lequel le christianisme naissant s’est détaché du judaïsme ancestral. D’aucuns le considèrent d’ailleurs comme le second fondateur du christianisme. Sa doctrine qui veut que les hommes soient délivrés du péché originel par la foi en Jésus qui les a rachetés une fois pour toutes, s’exprime tout au long de ses écrits et elle est au coeur de la pensée chrétienne.
St-Paul qui se décrit lui-même petit, chauve et le nez busqué, est représenté souvent comme un homme grand et imposant, à la grande barbe sombre. C’est ainsi d’ailleurs qu’il figure dans la collection des Petits Saints de Plouguerneau. Il tient de la main gauche une grande épée, symbole de la parole qui est une épée à double tranchant. Son bras droit, d’un geste ample,montre sans doute le chemin à suivre.
Il avait écrit aux Philippins: « Le Christ, c’est toute ma vie  » et aux Colossiens: « Je complète dans ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ pour son corps qui est l’Eglise « .Avant de mourir, il a pu redire ce qu’il écrivait peu de temps auparavant à son disciple Timothée  » J’ai combattu jusqu’au bout le bon combat. J’ai achevé ma course. J’ai gardé ma foi. Et maintenant, voici qu’est préparée pour moi la couronne de Justice « .

Texte de Noël L’Hour